Facebook en bourse: Sommes-nous objets de spéculation?

Facebook est entré en bourse vendredi dernier. Evalué à environ 104 milliards de dollars, l’action n’a pas flambé pour autant. Un utilisateur Facebook vaudrait donc 100$, battant du coup les records de Google. Les spécialistes nous parlent de bulle 2.0 sous une ère de f-commerce. Et c’est le moment que choisit son fondateur, Mark Zuckerberg pour épouser sa compagne de longue date en Californie. Mais au fond, Facebook a surtout rempli son porte-monnaie.

L’entrée en Bourse très tapageuse du réseau social sur Internet Facebook s’est terminée vendredi sur une déception, l’action arrachant une hausse d’à peine 0,61 % par rapport à son cours d’introduction, à 38,23 dollars, après prise en compte des derniers arbitrages. Les spécialistes de la bourse nous expliquent que deux grosses faiblesses du modèle économique du géant US des réseaux sociaux expliquent cette chute: le mobile et la publicité contextualisée.

Pour Robert Greifield, le P-DG du NASDAQ ,  »une mauvaise conception du logiciel de conduite d’enchères utilisée pour les introductions en bourse a retardé les premières cotations du titre Facebook sur le NASDAQ ».   »Les systèmes informatiques chargés d’établir le prix d’ouverture de l’action ont été submergés par des annulations de commandes et des mises à jour d’ordres ». Des problèmes qui ont directement impacté la première journée de cotation du titre du géant par un retard de 30 minutes de la cotation (effectuée à 11h30 au lieu de 11h00). Au cours des 30 premières secondes de cotation, 82 millions de titres ont été échangés pour un total de 580 millions en fin de journée.

Facebook ou la bulle 2.0 ?

Facebook, en fait, c’est le prototype de la start-up nouvelle génération. Un concept fort, indiscutable quant à son attractivité, mais sans vraiment de business plan pour rentabiliser l’entreprise. Sous certains cieux, ce n’est pas gênant tout de même: en général, on lance sa société, on la développe et au bout de quelques – petites – années on la revend. Facebook échappe pourtant à cette logique : depuis plus de 8 ans, aucun changement de propriétaire n’a eu lieu. Et Zuckerberg étant largement majoritaire en termes de droit de vote – ce n’est pas près de changer, au contraire – il peut faire ce qu’il veut pour les quelques années à venir.

Mais au fond, spéculer sur des profils (les utilisateurs de facebook) ne rapporte toujours pas beaucoup d’argent. Facebook a beau être rentable depuis peu, ce n’est pas le jackpot tous les jours pour autant. Ce ne sont pas quelques tentatives douteuse « de monétisation des statuts d’utilisateurs particuliers » qui vont changer la donne. Il faut de toutes façons faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’entreprise pour qu’elle puisse tourner correctement.

Aussi, Facebook a longtemps hésité avant de lancer son  »app » sur iPad et ses interfaces mobiles sont régulièrement pointées du doigt pour leur lenteur. De plus, la taille limitée des écrans réduit d’autant la visibilité des encarts publicitaires. La semaine dernière, General Motors annonçait sa décision de stopper ses campagnes publicitaires payantes sur le réseau social, 30 millions de dollars disparaissant du même coup. Plus inquiétant, GM, 3eme annonceur aux USA, justifie cette décision par un constat rude : les campagnes de promotion sur Facebook sont « inefficaces ». De plus, certaines études révèlent les faiblesses de la publicité, personnalisée ou non, sur Facebook. En effet, si 40% des internautes US (objets de l’étude) déclarent cliquer sur les contenus que relaient leurs amis, ils ne seraient que 13% à consulter sur les contenus mis en avant par Facebook itself.

Bref, la situation du premier réseau social de la planète n’est pas resplendissante partout, et son activité va désormais se faire sous l’oeil très attentif du marché. Et ces débuts mitigés en bourse, n’ont pas de quoi  franchement réjouir les actionnaires. Mais après tout, c’est Facebook qui a décidé ce que valait l’entreprise en annonçant le prix d’introduction des actions en bourse. Tout le monde trouvait ça cher et risqué pour l’avenir, d’estimer une entreprise à 60 fois les bénéfices prévus pour cette année… mais tout le monde a acheté. Il aurait été fort dommage de proposer un prix plus bas puisque les gens étaient prêts à payer.

De fait,  Mark Zuckerberg joue désormais dans la cour des grands. Plus qu’à sa vie privée, c’est désormais à ses capacités de CEO visionnaire mais aussi pragmatique qu’il sera jugé. Son mariage, le jour même de l’entrée en bourse, qui a quand même fait  la une de tous les magazines en ligne spécialisés en high-tech, ne le sauvera pas!

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