Fermeture des cités et restaurants universitaires : Le DG du CENOU s’explique

DG_cenouLes vendredi 31 juillet et samedi 1er août 2009, des étudiants ont manifesté contre la fermeture des restaurants et cités universitaires. Nous avons approché le premier responsable du Centre national des oeuvres universitaires (CENOU), Pr Mamadou Dicko, pour en connaître les raisons. Dans l’interview qui suit, il précise que cette fermeture est normale.

Le pays : Quelles sont les raisons de la fermeture des cités et des restaurants universitaires ?

Pr Mamadou Dicko : D’abord, l’année académique prend fin normalement le 31 juillet. Et donc en principe, durant les mois d’août à septembre, les cités sont fermées. Nous ne gardons dans chaque ville qu’une seule cité appelée « cité-vacance ». Pour bénéficier de cette cité, il faut d’abord être à jour de son loyer et adresser une demande au directeur régional pour rester et justifier pourquoi on veut rester. Ensuite, la fermeture est une opportunité pour revisiter les cités et faire des aménagements. Enfin, la fermeture correspond à la fin du mandat des locataires qui est fixé par année académique. Et c’est ainsi partout dans le monde et le Burkina ne fait pas exception. La fermeture nous permet aussi d’économiser en termes de consommation d’électricité.

Et qu’en est-il de la fermeture des restaurants universitaires ?

C’est le même principe. On n’assure les prestations universitaires que pendant les cours. L’allocation que nous avons au niveau budgétaire, c’est seulement pour l’année académique. Donc, on ne peut pas prolonger s’il n’y a pas de rallonge.

Donc il n’y a pas de « restaurant-vacance » ?

Non, ça n’existe pas car même pour les jours normaux, on a des difficultés à payer nos factures. Du reste, l’allocation pour la restauration se vote à l’Assemblée nationale. Donc, nous nous limitons à partir de maintenant, en tout cas tant que c’est moi qui gère le CENOU, aux moyens mis à notre disposition. C’est mon principe de gestion. Si on me donne 1000 francs, je paye des condiments de 1000 francs. Maintenant, je suis d’accord pour développer des initiatives. Mais je ne vais pas au-delà de l’enveloppe allouée pour dire que je suis philantrope, que je suis magnanime plus que l’autorité. Est-ce que par exemple, le DG de l’hôpital Yalgado, qui a le même statut que moi, a le droit, sans le consentement de l’Etat, de prendre des produits pharmaceutiques pour soigner des malades en disant qu’il sauve des vies et endette la boîte ? C’est vrai qu’il rend service, en sauvant des vies humaines. Mais les factures, qui va les payer ?

Si les étudiants ont manifesté contre la fermeture des cités et des restaurants, cela veut-il dire qu’il y a eu un manque d’information ?

Ils sont informés. Mais vous savez, le plat coûte 100 francs au RU. Tant que tu peux revendiquer pour l’avoir, tu le feras. Le loyer coûte 1500 à 2000 francs. Donc je comprends lorsqu’ils demandent de continuer.

Quelle est la situation en ce qui concerne la fermeture des cités et des restaurants ?

Les restaurants sont fermés jusqu’à nouvel ordre. Mais nous négocions actuellement avec les autorités pour assurer la restauration en septembre parce que les cours vont reprendre. En ce qui concerne les cités, une délégation des étudiants est venue me voir et ont fait leurs doléances, compte tenu du fait que les cours reprennent en septembre, de leur permettre de rester en cité. Nous avons accepté de les laisser en cité mais seulement ceux qui seront à jour de leur loyer.

Y a-t-il d’autres problèmes que rencontre le CENOU ?

Le principal problème est l’incivisme de certains étudiants par rapport au gaspillage d’eau et d’électricité, au pillage de la nourriture pour pouvoir manger gratuitement. Il y aura justement un atelier le 6 août sur les oeuvres sociales pour discuter avec les étudiants (entre autres) pour trouver des solutions définitives. Il faut qu’on évolue. D’ailleurs, maintenant, il y a des universités privées. Donc si la formation ou les oeuvres sociales ici ne conviennent pas à quelqu’un, s’il a les moyens, Il va ailleurs.

Vous ne croyez pas justement que ce sont les moyens qui manquent le plus ?

Il faut justement développer des initiatives pour qu’il y ait les moyens.

Par exemple ?

Nous sommes en train de voir s’il y a des possibilités que les banques nous accompagnent avec des prêts. Comme cela, on donnera à chaque étudiant un compte bancaire qui lui permettra de subvenir à ses besoins. Car nous sommes gênés de voir les étudiants quitter les cours pour venir s’aligner au RU. Cette idée n’est pas nouvelle, car c’est ce qui est par exemple appliqué au Ghana.`

Mais quelle est la faisabilité au Burkina ?

Il suffit de demander un prêt aux banques et l’Etat donne un fonds de garantie. Moi je ne comprends pas les Africains ! You don’t need to think. You need to know ! C’est un transfert de savoir ! C’est en tout cas une idée qui nous tient à coeur. Nous avons envoyé une mission au Ghana pour savoir comment l’expérience se mène là-bas. Dans tous les pays anglo-saxons, il n’y a pas une université sans banque. C’est seulement chez nous qu’on voit un étudiant sans compte bancaire. Il nous tient à coeur que l’étudiant devienne un acteur économique. C’est une alternative pour éviter que les étudiants vivent dans la précarité.

Propos recueillis par Abdou ZOURE/Le Pays

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