Nigéria : Le prix à payer contre la menace de la secte islamiste Yusufia.

nigériaPeu de personnes connaissaient la face cachée de Yusufia, mais en revanche l’on se souvient  au Nigéria, mieux à Maiduguri, des pratiques de ses adeptes : des prêches enflammés, des prédictions sur la fin du monde, le rejet des autres musulmans et particulièrement de tout ce qui est lié à l’Occident.

Des violences éclatent quand des islamistes de la secte « Taliban » tentent d’attaquer un poste de police dans l’Etat de Bauchi (nord). Ainsi s’en suit une semaine d’affrontements entre les forces de l’ordre nigérianes et les islamistes radicaux du Boko Haram. Les affrontements ont atteint une violence inimaginable à Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno au Nord du Nigeria où le calme semble être revenu. Un calme revenu au prix de plus de 600 vies humaines fauchées et de 4 000 déplacés, bilan provisoire officiel. Du côté des organisations de défense des droits de l’Homme l’on grince des dents. Les troubles religieux qui ont ensanglanté le Nord du Nigeria auraient fait près de 1000 morts selon la Croix rouge nigériane. Leur attention est aussi retenue par la présumée exécution du chef du mouvement, Mohamed Yusuf. La thèse officielle de la mort du leader islamiste, évoquant une tentative de fuite, ne semble pas satisfaire, puisqu’une commission d’enquête est demandée.

Mohammed Yusuf le maître à penser de la secte Boko Haram serait de l’ethnie Kanuri. Il a étudié à Maiduguri, dans l’une des principales mosquées de la ville. Très vite, il a développé des convictions religieuses qui l’ont incité à prendre de la distance vis à vis de ses maîtres. Depuis au moins dix ans, ce jeune homme de 38 ans avait pris son indépendance, fondé sa propre mosquée et développé son propre dogme, le Yusufia, en référence à son nom. Peu de personnes connaissaient la face cachée de Yusufia, mais en revanche l’on se souvient ici au Nigéria, mieux à Maiduguri, des pratiques de ses adeptes : des prêches enflammés, des prédictions sur la fin du monde, le rejet des autres musulmans et particulièrement de tout ce qui est lié à l’Occident. Selon des témoignages, le leader de la secte avait avec lui au moins 2 500 fidèles parmi lesquels des intellectuels et aussi des grands commerçants, ceux-là même qui auraient financé l’achat des armes utilisées dans son djihad meurtrier, lancé depuis la ville de Bauchi.

nigéria2Toutefois, on peut difficilement faire le reproche à l’Etat nigérian pour la manière dont il a réagi. S’il avait croisé gentiment les bras et avait entonné un hymne à la paix et au patriotisme, il n’aurait pas été certain que les partisans du Boko Haram l’auraient écouté et esquissé des pas de danse. Yusufia et ses adeptes auraient répondu par des fatwas haineuses probablement. La stabilité du Nigeria pouvait être difficilement maintenue sans cribler de balles et casser les œufs dangereusement explosifs des islamistes radicaux. Néanmoins, on peut difficilement admettre qu’on tue des êtres humains de la sorte, comme des moutons qu’on mène tranquillement à l’abattoir. Réduire à néant leur capacité de nuisance est certes nécessaire, mais le respect de la dignité humaine reste aussi prioritaire. Ne serait-ce que pour cela, les autorités nigérianes ont le devoir de faire un minimum de lumière sur ce qui s’est passé entre le dimanche 26 et le jeudi 30 juillet 2009 à Maiduguri.

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