Tandja dissoudra t’il le peuple nigérien ?

Tandja tente de passer au forceps. Dissolution du parlement par décret, le mardi 26 mai, dissolution de la cour constitutionnelle la semaine suivante ! Tout va à présent si vite au Niger qu’on a de la peine à suivre ce qui s’y passe.

NIGER-POLITICS-TANJAContre marches et protestations, Tandja continue dans son idée de référendum. Mieux la date du 4 août prochain est fixée, et même que au Niger, souffle déjà un vent de campagne pour le référendum en vue de l’adoption d’une nouvelle Constitution qui devrait permettre au président nigérien de prolonger son dernier mandat à la tête de l’Etat. Dans un discours à la Nation, le chef d’Etat nigérien a invité ses concitoyens à sortir massivement pour que triomphe le « oui ». En retour, il promet de transformer le pays en un jardin d’Eden, tâche que nul autre que lui, ne serait en mesure de réaliser.

La campagne pour le référendum du 4 août prochain est donc lancée et Tandja se met déjà à rêver d’une victoire, rien qu’à voir la confiance qu’il affiche en parlant du référendum, qu’il qualifie de  » forme démocratique la plus aboutie « . Mais à quel prix ? Institutions républicaines dissoutes, presse muselée… il faut croire que la démocratie au Niger navigue dans des eaux troubles. Evidemment, il faut être fou comme Tandja, fou comme ses fidèles sbires, pour être si assuré d’être sur le droit chemin.

L’opposition nigérienne, je parle là des pourfendeurs du tazarché (continuité), sont donc face à un dilemme car n’ayant pas obtenu la non-tenue du référendum. Faut-il s’abstenir ou participer en préconisant un vote massif pour le  » non  » à cette consultation populaire ? Mais qu’adviendrait-il du peuple si au sortir de ce référendum il votait en majorité en faveur du  » non  » ? Subira t-il le même sort que l’Assemblée Nationale et l’ancien Cour Constitutionnelles, ces autres Institutions Républicaines dissoutes ?

Toutefois dans cet imbroglio, que font nos braves forces de l’ordre nigériennes ? Pourquoi pas la méthode «  Micheletti » du Honduras ! Micheletti et ses hommes clament haut et fort, à qui veut bien les entendre, qu’ils n’ont pas perpétré de «coup d’Etat», mais ont plutôt procédé à une «succession constitutionnelle». Tandja n’a pas pensé à ça! Au lieu de s’enfermer dans une osée et décriée opération de référendum sur la Constitution, il aurait dû simplement composer avec qui accepte son affaire pour procéder à une auto-succession constitutionnelle. Succès garanti!

Mais une chose est sûre : ceux qui, malgré tout, et contre toutes les apparences, affichaient l’optimisme de croire que Tandja ferait amende honorable, n’auront désormais que leurs yeux pour pleurer.

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