BERNARD MADOFF AU CACHOT : Et les petits escrocs africains ?

Bernard Madoff entre dans l’histoire du monde de la finance internationale de façon fracassante. Ce financier accusé d’une escroquerie évaluée à 65 milliards de  dollars, a été condamné lundi 29 juin à 150 ans de prison par un tribunal fédéral américain.

4165179363-le-financier-bernard-madoff-condamne-a-150-ans-de-prisonCris de joie et applaudissements ont retenti à l’énoncé du verdict, prononcé par le juge Denny Chin. « La fraude est stupéfiante », a souligné le magistrat, face auquel le prévenu, âgé de 71 ans, est resté impassible. Verdict : 150 ans de prison ! Autant dire que l’homme passera le reste de sa vie à méditer sur sa faute. Une  » fraude stupéfiante » qui a plongé la planète entière dans le désarroi, poussant des investisseurs qui lui avaient fait confiance au suicide bien des fois. Les plus chanceux du système Madoff, c’est-à-dire ceux qui, au tout début du manège ont eu à empocher le Jack-pot, devraient plutôt éprouver un minimum de remords. Ils ont emporté la tirelire des autres victimes sans le savoir. Ils sont davantage des rescapés que des gagnants. La justice s’efforce avec ce premier procès de sanctionner le principal coupable. D’autres complices seront certainement épinglés. Bernard Madoff a refusé de les dénoncer préférant endosser toute la responsabilité. Son pardon a été à peine audible : « Comment excuser la trahison de milliers d’épargnants et d’investisseurs qui m’ont confié les économies de toute une vie? » Ramènera-il seulement les millions de dollars investis par ces milliers d’épargnants qui voulaient assurer leurs vieux jours ? Surtout que l’hypothèse d’une indemnisation de toutes les victimes est à écarter.

Au-delà du procès de Bernard Madoff, c’est celui d’un système financier international qui s’est avéré poreux face au génie de l’ancien président du Nasdaq. L’histoire aura rattrapé ce financier peu scrupuleux. Mais combien sont-ils qui vivent en liberté et qui jouissent d’une impunité totale sur le continent africain ? Ces histoires de tontines qui finissent toujours mal ne sont-elles pas l’expression d’escroqueries et d’abus de confiance sur d’honnêtes citoyens, en quête de placement rentable pour financer leurs activités ? Les femmes ont été les premières victimes de cette mafia qui raquette les pauvres économies des ménages dans les campagnes comme dans les villes. Le phénomène perd de l’ampleur de plus en plus, mais les organisateurs de ces coups tordus n’ont jamais été inquiétés. Il est vrai que les systèmes boursiers africains ne sont  pas le CAC 40 ou le DAX encore moins le Nasdaq. Cela ne concerne que des petites économies, et donc des gens sans moyens de défense. Et c’est là tout le drame de la situation : le « laisser-aller » des pouvoirs publics africains quand il s’agit d’examiner des questions touchant aux intérêts des petits citoyens. C’aurait été en Afrique, que le scandale Madoff serait devenu un dossier classé. A coût de quelques millions de F CFA, on aurait mis le pied sur le dossier et obtenu ainsi le silence de ceux qui sont chargés de protéger et de défendre l’intérêt public.

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