Tandja déclenche une ère d’incertitudes pour le Niger.

Mamadou Tandja, le président du Niger a dissous par décret, le mardi 26 mai, le Parlement. Cette décision intervient au lendemain d’un avis défavorable de la Cour constitutionnelle, qui s’était prononcée contre l’organisation d’un référendum visant à prolonger le mandat du président.

tandjax200« En 2 ans seulement, l’école est devenue cadeau, le cacao a marché, etc…. La 3e année qu’on devait prendre pour percer là, vous avez pris pour faire palabre. Si c’est pas sorcellerie ….. » chantait Petit Yodé au début de la crise ivoirienne. Mais aujourd’hui sommes-nous tenter de dire que l’année 2009 aurait pu être celle du Niger.

D’abord le lancement des travaux dans la mine géante d’uranium d’Imouraren. L’exploitation de ce gisement devrait permettre au Niger de devenir le second producteur mondial d’uranium. Mais Tandja n’entend pas devenir simple bénéficiaire de cette manne, il se voit plutôt contrôleur de celle-ci!

Ensuite les autres chantiers tels barrage de Kandadji,l’exploitation du pétrole, le chemin de fer, le port sec de Dosso, la route industrielle, le deuxième pont de Niamey, l’exploitation du charbon à travers une centrale thermique, l’exploitation du ciment, du phosphate. Donc, il y a un ensemble de gros projets très juteux pour le Niger et pour Tandja surtout.

Et pire le tristement entretien sur RFI du ministre d’Etat, de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de la Décentralisation, Albadé Abouba, veut nous faire croire je cite: « Les populations reconnaissent que le président a bien travaillé. Et le président a engagé des chantiers qui sont exceptionnellement importants pour l’Etat nigérien. Et c’est tout à fait normal qu’ils lui reconnaissent ses qualités. Il vaut mieux qu’ils lui reconnaissent de son vivant que de lui faire une belle apologie funèbre après sa mort, comme cela s’est vérifié avec ses prédécesseurs. […] »

Mais comment en est-on arrivé là?

Mamadou Tandja a attendu la dernière année de son second mandat pour lever le voile sur ses ambitions. Depuis son élection en 1999, le chef de l’Etat avait promis à plusieurs reprises qu’il ne toucherait pas à la Constitution et qu’il se retirerait comme prévu en décembre 2009.

Le 8 mai, ce faux suspense prend fin et le gouvernement annonce l’organisation d’un référendum avant la fin de l’année pour permettre l’adoption d’une nouvelle Constitution sans limitation de mandats. Dès le lendemain, c’est le tollé dans la classe politique.

L’opposition mais aussi des partis alliés au président organisent un grand rassemblement à Niamey pour dénoncer ce qu’ils n’hésitent pas à appeler « un coup de force ». Quelques jours plus tard, ce sont les sages de la Cedeao qui viennent rappeler à l’ordre les autorités nigériennes. Mamadou Tandja n’en a cure et maintient son projet de référendum.

Lundi, la cour constitutionnelle saisie par des députés donne un avis défavorable. La réplique du président est immédiate, il dissout l’Assemblée nationale. La crise politique, jusque-là sous-jacente, est désormais ouverte.

Le silence coupable de la communauté internationale.

Certes, la CEDEAO avait donné de la voix en rappelant les lois sous- régionales en la matière dont l’une stipule qu’il est strictement prohibé de modifier la Constitution 6 mois avant une élection. Mais que vaut ce rappel à l’ordre de la CEDEAO, quand on sait que la plupart des présidents des pays membres ont ravaudé leurs constitutions, avides de s’affranchir des carcans du droit pour pouvoir régner indéfiniment. Mais hormis la CEDEAO, l’Afrique semble regarder de loin le drame qui s’y prépare. La France, premier partenaire du Niger, reste également inaudible sinon muette alors que Tandja avait pris à témoin Nicolas Sarkozy, en déclarant en sa présence qu’il respecterait la Constitution. Le Niger semble donc pour l’instant condamné à mener un combat intérieur, sans trop compter sur les autres, pour arriver à dompter le démon qui s’est emparé de Tandja. Gageons donc que le peuple nigérien connue pour sa tradition de lutte forgée au cours de longues années d’épreuves, pourra barrer la route à Tandja.

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