Et si Tandja modifiait la constitution nigérienne.

Il existe une autre forme de putsch, en Afrique, devant laquelle la communauté internationale reste bien silencieuse : les manipulations de Constitution pratiquées par des chefs d’Etat pour s’éterniser au pouvoir. Et tout porte à croire que l’un de ces présidents, en l’occurrence Mamadou Tandja va s’y prêter à la pratique d’ici le terme de son deuxième et dernier mandat en décembre 2009.

tandjaOn en fini plus de les compter ces tripatouilleurs de constitutions. Paul Biya lui a rejoint, cette année, la longue liste des chefs d’Etats qui ont modifié la Constitution de leur pays (Idriss Déby, Omar Bongo Ondimba, Zine Abidine Ben Ali…) pour se maintenir au pouvoir.

Mamadou Tandja a tout récemment rassuré ses paires de la C.E.D.E.AO qu’il n’a nullement l’intention de modifier la constitution nigérienne. Mais tout porte à croire que M. Tandja va s’accrocher à son fauteuil présidentiel. Cette année des appels, dits « spontanés », pour son maintien au pouvoir se sont multipliés. Dernier en date, celui de certains de ses partisans qui, lors d’une manifestation le 21 décembre à Niamey, la capitale du Niger, ont demandé au Parlement de prolonger de trois ans le mandat de Mamadou Tandja. « Nous demandons au président de la République d’accepter notre humble proposition et à l’Assemblée Nationale de la prendre en compte dans son ordre du jour, lors de ses prochaines sessions », avaient-ils déclaré.

Ainsi, Mamadou Tandja se ferait prié par des Nigériens pour demeurer au pouvoir plus longtemps que ne lui permettent les dispositions légales. Ce scénario qui a un air de déjà vu ailleurs en Afrique, n’est rien d’autre qu’une manœuvre destinée à préparer l’opinion à une éventuelle modification ou contournement de la Constitution du Niger. Cela a été le cas au Togo en 2002. La communauté internationale est restée muette dans ce cas. Au Niger elle reste toujours inaudible. Mais il semble que les Nigériens l’ont bien compris. Mardi dernier, une vingtaine d’ONG et syndicats ont crée, à Niamey, le Front uni pour la sauvegarde des acquis démocratiques (Fusad). Leur objectif : combattre une possible prolongation du mandat du président.

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