Pour l’amour de ses sans-papier vivants en France, le Burkina signe un visa d’expulsion!

Le Burkina Faso a signé le 10 janvier 2008 l’accord initié par la France sur la « gestion concertée des flux migratoires et le développement solidaire ». Cet accord est valable 3 ans à compter de sa ratification et est renégociable d’accord partie.

2245047745_1« La gestion concertée des flux migratoires et le développement solidaire ». Cette trouvaille de Sarkozy et de son ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, pour maîtriser, endiguer et réduire les flots d’immigrants qui déferlent sur le sol français a ainsi donc trouvé un écho favorable au Burkina Faso.

Cela ne surprend personne, car en matière de signature et de ratification d’accord bilatéral, le Burkina Faso s’est toujours montré bon élève. Mais ce qui dérange dans cet accord, c’est plus sa portée morale que ses conséquences économiques.

En Afrique, l’étranger est roi. On est prêt à céder sa natte à celui dans le but de bien l’accueillir. Accepter donc cette « deal » si je puis m’exprimer ainsi, c’est aller contre nos valeurs culturelles, quelque soit le bénéfice qu’on en tire.

En plus, avaliser un tel accord relève de l’inconséquence d’avec soi même. En réalité, lu entre les lignes, cet accord signifie, « permettre à la France, d’expulser dans les conditions inhumaines avec lesquelles les sans papier sont traités lors des rapatriement, sans avoir rien à redire ».

En outre, revigoré par le « refus » malien de signer, le Burkina Faso avait là une raison de ne pas céder. C’est vrai, l’équipe d’Hortefeux a déjà pu vendre le deal à des pays comme le Sénégal, le Gabon, le Bénin, le Congo, la Tunisie, l’île Maurice, le Cap Vert et … le Burkina.

C’est vrai que entre le Burkina et le Mali les enjeux sont différents. Le Burkina compte quelque 3 500 ressortissants dans l’Hexagone quand le Mali, lui, en a un peu plus de 120 000, dont les deux tiers sont sans-papiers.

C’est vrai aussi que l’on ne crache sur les euros au pays des hommes intègres avec ces temps de vie chère qui courent. Dorénavant, selon Hortefeux, grâce à cet accord, le volume des financements dans le cadre du développement solidaire passe de 800 000 € à plus de 6 000 000 €. Selon lui, c’est un accord « équilibré, qui est bon pour la France et pour le Burkina Faso ». allez-y comprendre ce deal macabre.

Comme son nom l’indique, « cet accord a pour objectif de coordonner les mouvements de population entre les deux pays dans un esprit de dialogue et de concertation permanente ». Il comporte sept (7) chapitres qui abordent les questions suivantes : la circulation des personnes, le développement solidaire, la coopération policière, la réadmission des personnes en situation irrégulière, l’observatoire des flux migratoires dans la sous-région, le Comité de suivi de l’accord et les dispositions finales quant à sa mise en œuvre.

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