ELECTIONS PRESIDENTIELLES : Le Ghana, un cas d’école en Afrique!

La maturité politique des électeurs et de la classe politique a notamment fait l’objet d’éloges venant d’horizons divers. Pourtant nombre de pays africains continuent de s’adonner à de véritables farces électorales, refusant d’emprunter le chemin courageux de la transparence électorale.

2239421581_1On peut le dire sans se tromper, les élections sont un régulateur de la démocratie au Ghana. Elles ne sont pas sources de risques d’affrontements, voire de chaos généralisé, à l’image des processus électoraux observés ça et là sur le continent africain. Après les deux mandats que lui autorise la Constitution, John Kuffuor a laissé la place à John Atta Mills la magistrature suprême du pays de Kwamé Nkrumah. Tout est bien qui finit bien, même si l’on avait craint une remise en cause des résultats, à la dernière minute. Le parti au pouvoir avait laissé apparaître des velléités de non acceptation des résultats qui se profilaient à l’horizon. Ainsi, il a engagé un certain nombre de recours judiciaires, demandé le report de l’élection partielle, et boycotté celle-ci. Plus d’un avait frémi dès lors, car un parti au pouvoir, en passe de perdre une élection, est capable du meilleur comme du pire.

Avec Eyadéma père au Togo, le monde entier a souvent été témoin de scènes incroyables, comme ce militaire s’enfuyant avec une urne. Que dire du vieux Bob (Robert Mugabé) du Zimbabwé, qui après s’être investit président au lendemain d’élections controversées, est venu clamé haut et fort à qui veut l’entendre que le Zimbabwé est à lui au 11e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine à Charm el-Cheikh, en Egypte en juillet 2008. Bref, bien que furtive, l’idée d’une interruption du processus électoral a effleuré bien des esprits, tant au Ghana que sur le continent. Mais il ne s’agissait que d’un dernier baroud d’honneur, qui n’a eu aucune incidence sur le déroulement du dernier acte du scrutin. C’est donc avec un ouf de soulagement général que la proclamation des résultats par la commission électorale a été accueillie. Rien ne peut plus arriver au Ghana, sauf le bonheur d’une transition sans accroc.

Le succès électoral ghanéen suscite cependant un sentiment ambivalent sur le devenir du continent. Alors que l’année 2008 a vu la recrudescence des coups d’Etat, l’enlisement de certains conflits et l’absence de démocratie dans bien des pays, l’année 2009 s’ouvre avec des élections réussies au Ghana. Faut-il voir le verre de la démocratie à moitié vide ou à moitié plein ? Une chose est sûre, l’état de la démocratie en Afrique appelle à un optimisme mesuré. De nombreux dirigeants demeurent encore allergiques à un Etat de droit véritable, et restent scotchés à leur pouvoir. Les cas d’alternance en douceur continuent donc d’être l’exception dans un continent où des chefs d’Etat célèbrent fièrement des décennies de pouvoir.

Le Ghana florissant depuis ces dernières années, n’est pas seulement liée à ses potentialités naturelles. Le facteur politique, marqué par la dévolution du pouvoir par les urnes, a grandement contribué à l’émergence économique du Ghana. Combien de dirigeants tireront une leçon des élections ghanéennes ? Certainement très peu. On a accouru à Accra pour saluer cette expérience démocratique réussie, à l’investiture de John Atta Mills, mercredi, mais quant à appliquer la même recette chez soi, il n’en est pas question. La magie de l’alternance démocratique n’enchante pas tout le monde en Afrique.

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